Le général Malard à la tête d’une base hors normes

Défense

Ce jeudi 27 août 2026, le général de brigade aérienne Yann Malard a pris le commandement de la Base aérienne 125 « Charles Monier » d’Istres, succédant au colonel Sébastien Estève, arrivé à ce poste fin août 2024.

C’est la première fois que ce maillon majeur de la Défense nationale, véritable poumon opérationnel de l’Armée de l’Air et de l’Espace, va être dirigé par un officier de si haut rang.

Cette cérémonie était placée sous l’autorité du général de corps aérien Stéphane Virem, commandant des Forces Aériennes Stratégiques (FAS). Lors de son discours, à l’issue du temps protocolaire, il a motivé cette évolution hiérarchique : « Cette base est particulière, non seulement parce qu’elle est stratégique mais parce qu’elle est hors normes, de par ses missions, de par ses dimensions, de par son importance. Pour la diriger, il faut des commandants de base d’exception. Avec les nouveaux rapports de force à l’international, l’état-major a choisi de nommer Yann Malard au grade de général pour prendre ce commandement. Cela interroge beaucoup, je le sais. Ce n’est pas du tout un désaveu du passé et du travail de ses prédécesseurs. Nous avons pris conscience que cette base, avec 5000 personnes à commander, méritait d’avoir un général deux étoiles à sa tête. Il va devoir surmonter de nombreux défis ».

Le colonel Estève, pour sa part, va rejoindre le Commandement des Hautes Etudes Militaires, « qui prépare les grands chefs de nos armées et je n’ai aucun doute sur le fait que tu seras l’un des leurs », a souligné le général Virem. Pour sa dernière prise de parole, le commandant sortant a tenu à remercier tous les aviateurs, du rang ou gradés et tous les collaborateurs qui l’avaient assisté et parfois guidé pendant deux ans.

La cérémonie a également vu deux autres passations de commandement. Le lieutenant-colonel Nicolas prend la tête de l’Escadron de transit aérien et le commandant Dorytis celui de l’Escadron d’armement spécialisé. C’est la deuxième fois qu’une femme officier prend la tête de cette unité de l’ombre mais essentielle pour la stratégie de dissuasion de la France.

Les autorités civiles étaient nombreuses pour cette première dans l’histoire de la plus grande base aérienne de France : le préfet de Région Jacques Witkowski, les députés des 13e et 16e circonscriptions des Bouches-du-Rhône, Emmanuel Fouquart et Emmanuel Taché, le président du Conseil régional Renaud Muselier, la sous-préfète de l’arrondissement Florence Vilmus, le Maire d’Istres Robin Prétot, ses homologues de Miramas, Fos-sur-Mer, Saint-Mitre les Remparts, entre autres, sans oublier les représentants du tissu industriel et les porte-drapeaux.

Né en 1977 en Moselle, le général Yann Malard est pilote de chasse, formé sur Mirage 2000D et premier pilote français qualifié sur A-10C Thunderbolt II aux États-Unis. En 2013, il devient commandant en second du Régiment de chasse 2/30 « Normandie-Niemen », qu’il commande à partir de 2014. En 2015, il prend le commandement de la 30e Escadre de chasse à Mont-de-Marsan. Promu colonel en 2017, il rejoint le cabinet du chef d’état major des armées, où il exerce jusqu’en 2020, notamment en charge des relations internationales, de l’espace et du cyber. De 2020 à 2021, il commande la base aérienne projetée de Niamey et exerce les fonctions de représentant du commandant de la force Barkhane au Niger. Il devient ensuite porte-parole de l’Armée de l’Air et de l’Espace, avant d’être nommé conseiller Air et Espace au sein du cabinet militaire du Premier ministre.