Face à une situation d'« urgence vitale », la municipalité d'Istres a officiellement lancé le « Plan Phénix ». Ce projet d'envergure, présenté comme la pierre angulaire du mandat municipal, vise à redynamiser un centre-ville historique en perte de vitesse en misant sur une stratégie globale de renaissance urbaine.
Le constat est sans appel : si le centre-ville d'Istres demeure le « cœur battant » de la commune, riche d'un patrimoine médiéval et d'une identité provençale forte, il souffre d'un déclin persistant. Pour inverser cette tendance, le maire, Robin Prétot, a dévoilé, jeudi 2 juillet, dans la cour du musée, une feuille de route ambitieuse articulée autour de quatre piliers stratégiques baptisés les « 4 R » : Révéler, Redynamiser, Relier et Rayonner.
Une vision structurée pour la renaissance
L'ambition affichée est de transformer le centre-ville en un lieu de vie attractif, capable de rivaliser avec les zones commerciales périphériques.
- Révéler le patrimoine : la ville entend embellir son cadre de vie par une végétalisation accrue, une harmonisation du mobilier urbain et une vaste opération de rénovation des façades, soutenue par le Département.
- Redynamiser l'économie : la municipalité affiche une opposition frontale au projet commercial périphérique « Istropolis », jugé « funeste » pour le commerce de proximité. En parallèle, un fonds d'aide spécifique accompagnera les commerçants dans l'harmonisation de leurs enseignes.
- Relier les mobilités : l'accessibilité est au cœur des préoccupations, avec l'étude de pistes foncières au nord de la ville en vue de créer un nouveau parking, afin de fluidifier l'accès au centre-ville.
- Rayonner par la culture : la ville mise sur l'événementiel, avec l'instauration récente d'un marché traditionnel (« L'Instant provençal ») et le projet d'un festival des arts et de la lumière à l'automne.
Des dossiers patrimoniaux emblématiques
Le Plan Phénix marque également une reprise en main du patrimoine local. Le maire a confirmé l'annulation de la vente de l'ancien hôtel de ville (« la mairie à 1 € ! ») afin d'en conserver la maîtrise publique. Un appel à projets sera lancé d'ici à la fin de l'année pour définir sa nouvelle vocation. Le dossier du musée du centre ancien est également sur la table. Si la volonté politique de rouvrir ce lieu est actée, le défi reste de taille, notamment en ce qui concerne le financement et la mise en place d'une programmation dynamique, notamment d'expositions temporaires, afin d'assurer un flux constant de visiteurs.
Une méthode participative
Conscient que la réussite de ce projet dépend de l'adhésion des Istréens, Robin Prétot a placé la concertation au cœur de sa méthode. Une commission extramunicipale, ouverte à des citoyens tirés au sort, sera installée dès la rentrée prochaine. Par ailleurs, une urne intitulée « Boîte à idées pour améliorer notre centre-ville » est d'ores et déjà disponible à l'Office de tourisme afin de recueillir les contributions des habitants.
« Nous ne travaillons pas pour les six prochains mois, mais pour les décennies qui s'ouvrent », a souligné le maire d'Istres, appelant les habitants, les commerçants et les associations à devenir les acteurs de cette transformation. « Je vous invite aujourd'hui à nous suivre dans cette nouvelle page que nous allons écrire ensemble. Parce qu'un centre-ville ne vit pas seulement grâce à la municipalité, mais aussi grâce à vous. Ensemble, je compte sur vous pour que nous fassions en sorte que le cœur battant d'Istres brille à nouveau de toute son âme », a conclu le maire.


